En tant que photographe culinaire, j'ai passé une journée chez les Salaisons de Montagnac, en Haute-Loire, pour photographier une soixantaine de produits de charcuterie. Jambons, saucissons, lards, terrines, coffrets : toute la gamme, en une seule journée.
Les Salaisons de Montagnac fabriquent leurs charcuteries à Solignac-sur-Loire, sous la marque Lou Meillour. Leurs jambons sèchent à l'air libre, à 1000 mètres d'altitude, frottés à la main au sel sec. Ce genre de savoir-faire, ça se voit sur le produit. Encore faut-il des images à la hauteur.
Le brief : toute une gamme, une seule journée
La demande était simple à écrire et exigeante à tenir : photographier l'ensemble de la gamme, soit une soixantaine de références, pour la boutique en ligne et les supports de la marque.
Soixante produits en une journée, ça laisse quelques minutes par produit, installation comprise. Impossible d'improviser. Tout se joue dans la préparation : l'ordre de passage, le décor, la lumière, et les quelques images d'ambiance à garder pour la fin.
Commencer par le séchoir
Avant les packshots, j'ai voulu photographier l'endroit où tout se passe. Le séchoir raconte la marque mieux qu'un long texte : les rangées de saucissons, les filets, la fleur blanche sur les boyaux, le bois patiné.
J'y ai travaillé avec la lumière du lieu, en la laissant tomber de côté pour faire ressortir le relief des pièces. Quelques images seulement, mais ce sont celles qui donnent le ton de toute la série.
Le séchoir raconte la marque mieux qu'un long texte.
Un seul set pour tenir le rythme
Pour les produits, j'ai monté un décor unique : une rondelle de bois brut et un fond de vieilles planches sombres. Un décor simple, cohérent avec l'univers de la maison, qui ne vole jamais la vedette au produit.
La lumière, elle, ne bouge presque pas de la journée. Une source principale, latérale et douce, pour sculpter les volumes et faire briller le gras d'une tranche. Une fois ce réglage trouvé, je n'ai plus qu'à faire tourner les produits, famille par famille : les jambons, puis les saucissons, les lards, les bocaux, les coffrets.
C'est ce qui permet d'aller vite sans sacrifier la qualité, et de livrer une série où toutes les images se répondent.




Photographier la charcuterie : montrer la matière
En charcuterie, ce qui donne envie, c'est la matière. La fleur sur un saucisson, le marbré d'une coppa, le gras nacré d'une pancetta, le grain du poivre. Chaque fois que c'était possible, j'ai coupé une pièce pour montrer l'intérieur à côté de l'extérieur.
Pour les coffrets, changement d'angle : une vue du dessus, plus graphique, pour lire toute la composition d'un coup d'œil, comme le client la découvrira en ouvrant le panier.
Combien de produits peut-on photographier en une journée ?
C'est la question que me posent souvent les marques. La réponse dépend surtout de la préparation. Avec un décor unique, une lumière réglée une fois pour toutes et des produits prêts et classés par famille, une soixantaine de packshots en une journée est réaliste.
Si chaque produit demande une mise en scène différente, on tombe plutôt à 15 ou 20 images par jour. Le bon choix dépend de l'usage : des packshots homogènes pour une boutique en ligne, ou des images d'ambiance pour les réseaux sociaux.
Le résultat
Au final, une soixantaine de packshots homogènes pour la boutique en ligne, et une série d'images d'ambiance dans le séchoir pour le site et les réseaux sociaux. Une même lumière, un même décor : la gamme se lit comme un tout.
Photographier beaucoup de produits en peu de temps, c'est surtout une question de méthode. Bien préparée, une seule journée suffit pour donner à toute une gamme une image cohérente.
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